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John Field: Complete Nocturnes

John Field: Complete Nocturnes

Date de sortie : 2025-02-07
℗ 2025 Deutsche Grammophon GmbH, Berlin
John Field: Complete Nocturnes - QR Code
18 Pistes
1:16:02
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Date de sortie : 2025-02-07
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Alice Sara Ott : « Écouter cette musique vous apporte du bonheur. »

La pianiste Alice Sara Ott ne cache pas son enchantement depuis qu’elle a « découvert » John Field, comme en témoigne son enthousiasme quand elle raconte sa première écoute : « Je ne connaissais pas du tout cette musique, et pourtant, j’y ai ressenti quelque chose de familier et de nostalgique. »

Confinée pendant la pandémie de COVID-19 et plongée dans une certaine morosité, Ott s’est dit qu’elle écouterait enfin un compositeur dont elle avait entendu parler sans le connaître vraiment : « J’imaginais que les Nocturnes de Field colleraient bien à mon humeur, dit-elle à Apple Music Classical, mais ils se sont révélés pleins d’allégresse : je ne pouvais pas m’empêcher de sourire en les écoutant. »

Pianiste et compositeur irlandais du début du XIXe siècle, John Field est déjà connu, ne serait-ce que de réputation, pour avoir inventé le Nocturne, un genre pianistique désormais incontournable. Pour Field, qui sillonnait l’Europe et se produisait surtout dans la Russie tsariste, ce format constituait l’écrin idéal pour un jeu poétique et immédiatement expressif.

Ce genre sera ensuite repris et magnifié par Frédéric Chopin, auquel de nombreux pianistes doivent une abondante discographie. Pourtant, comme Ott l’a constaté dès qu’elle a entendu Field, il ne faut pas réduire sa musique à une simple ébauche de celle de Chopin : « Je n’arrivais même pas à la situer chronologiquement : impossible de dire si c’était encore du classicisme du XVIIIᵉ siècle ou déjà du romantisme du XIXᵉ, car certains nocturnes évoquent Mozart, d’autres un jeune Beethoven. »

Quoi qu’il en soit, les Nocturnes de Field exercent leur propre magie, quel que soit leur auditoire, comme Ott l’a remarqué au Japon : « J’étais très nerveuse, j’avais l’impression de présenter une œuvre contemporaine totalement inconnue. À vue de nez, 99 % de l’auditoire n’avait jamais entendu parler de John Field. En jouant ces nocturnes, j’ai observé leurs visages : ils se sont mis à sourire exactement comme moi, dès le début et jusqu’à la fin. »

D’où vient ce pouvoir de séduction quasi universel, si direct et sans prétention ? « La plupart du temps, ces pièces commencent très simplement », explique Ott. « Cela vous fait croire à une structure presque élémentaire. Puis Field vous surprend par une tournure harmonique ou rythmique inattendue. Et personne, à mon sens, ne maîtrise l’art de l’ornementation comme lui, pas même Chopin. »

En effet, l’attrait des Nocturnes de Field tient beaucoup à la finesse quasi improvisée de leurs ornements, qui ont constitué pour Ott l’un des plus grands défis : « Ça m’a demandé plus de travail que de jouer, par exemple, la Sonate pour piano en si mineur de Liszt (pourtant célèbre pour sa virtuosité). Les possibilités d’ornementation y sont multiples, et chaque choix change complètement l’atmosphère générale de la pièce. J’ai fait une foule d’essais avant de trouver ce qui me convenait. »
Au fil de son exploration, l’amour d’Ott pour cette musique n’a fait que grandir, tout comme sa compréhension de Field en tant que pianiste : « À son époque, on ne parlait que de son talent exceptionnel d’interprète », dit-elle. « En écoutant ses ornements, on entend clairement qu’il était un maître de l’improvisation. »

Ce qui rend également la musique de Field si particulière, d’après Ott, c’est l’irruption parfois fugitive de sentiments plus profonds : « Presque tous ses nocturnes débutent de manière très candide, presque naïve. Puis, soudain, une demi-mesure suffit à révéler une tristesse ou une mélancolie bouleversante. On a l’impression de passer devant une fenêtre : on entrevoit un instant cette émotion, sans pouvoir en saisir toute la complexité. Puis, aussitôt, le soleil revient. »

Pour explorer la variété de son style, Ott recommande d’abord le Nocturne X en mi mineur, baptisé « Nocturne Pastorale », qu’elle adore pour son caractère chantant et émouvant. Elle évoque aussi le Nocturne XVI en fa majeur : « Au début, je ne savais pas trop comment faire tenir toutes ces sections ensemble. Je le vois comme un opéra, avec tant d’ambiances différentes : on y imagine une cantatrice abordant une aria colorature baroque à la Cecilia Bartoli, puis la musique redevient très pianistique. On y trouve un foisonnement de changements, et c’est précisément ce que j’aime. »

© Apple Music
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