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Wish You Were Here 50

Wish You Were Here 50

Date de sortie : 2025-12-12
℗ 2025 Pink Floyd Music Limited
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30 Pistes
4:18:49
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℗ 2025 Pink Floyd Music Limited

Leur album culte fête ses 50 ans avec des bonus en audio spatial

À la sortie du neuvième album studio de Pink Floyd, Wish You Were Here, à l’automne 1975, seulement huit ans s’étaient écoulés depuis leurs débuts. Mais à bien des égards, cette suite de cinq chansons laissait croire que le groupe avait enduré bien plus d’une décennie de bouleversements et de triomphes, et qu’il avait finalement prospéré face à l’adversité. Dès les premières années de son ascension, le groupe a perdu Syd Barrett, figure fantasque dont la fragilité mentale s’est rapidement effritée sous le poids de la célébrité.

Et après le succès phénoménal de Dark Side of the Moon en 1973, Pink Floyd est devenu un tel mastodonte commercial que certains de ses pairs les plus audacieux, Genesis compris, se demandaient s’il leur serait encore possible de recréer les merveilles cosmiques autrefois jaillies de l’imagination de Barrett. À la fois un hommage touchant à leur fraternité perdue et un chef-d’œuvre mélancolique, Wish You Were Here est un « oui » émouvant.

Plus tôt cette année-là, alors que Pink Floyd avait déjà présenté ces nouveaux morceaux en tournée aux États-Unis, Barrett fait une apparition restée célèbre aux studios Abbey Road. Crâne rasé, regard absent, silhouette épaissie : le groupe ne le reconnaît pas immédiatement. Lorsque Roger Waters lui fait finalement écouter « Shine On You Crazy Diamond » – la fresque psychédélique de 25 minutes qui ouvre et referme l’album –, Barrett réagit à peine. Pourtant, la chanson (et l’album tout entier) lui sont dédiés. Ils interrogent la manière dont le monde, et la célébrité en particulier, peut ternir l’éclat de quelqu’un qui « brillait comme le soleil ». Cette visite ne fait que confirmer la douce amertume qui traverse l’œuvre.

Wish You Were Here ne compte que cinq chansons, mais chacune ouvre un univers émotionnel à part entière, démentant une fois de plus le fait qu’il s’agissait d’un groupe trop jeune. Chantée par Roy Harper, « Have a Cigar » est un récit sans complaisance du cynisme de l’industrie de la musique. Porté par une démarche électronique désinvolte, le groupe y fustige l’exploitation artistique la plus éhontée du milieu. Et la chanson titre est devenue une complainte intemporelle des jours heureux qui ne reviendront jamais, un standard country western interprété par des artistes si avides d’expérimentations sonores qu’ils ont échantillonné, pour l’introduction, les parasites radio de la BMW de David Gilmour dans le stationnement. « We’re just two lost souls swimming in a fishbowl, year after year. [librement : Nous ne sommes que deux âmes perdues qui nagent dans un bocal, année après année.] », chante Gilmour. Cette phrase résume avec une justesse désarmante la routine de toute existence, au point d’être devenue l’un des grands slogans de la musique, aussi familière que les Beatles ou Shakespeare. Wish You Were Here est peut-être la plus triste lettre d’amour qu’un groupe se soit jamais adressée. Une lettre d’amour sur ce qui était, ce qui est et, tragiquement, ce qui n’a jamais été.

Pour le 50e anniversaire de l’album, Pink Floyd rouvre ses archives. On y découvre une version de « Wish You Were Here » avec le légendaire violoniste de jazz Stéphane Grappelli, des maquettes de « Welcome to the Machine » par Waters, ainsi qu’une version instrumentale de « Shine On You Crazy Diamond ». Mais le véritable joyau est une bande enregistrée en avril 1975 au Los Angeles Memorial Sports Arena par le légendaire Mike Millard. Longtemps chérie sous forme de collage, cette captation, aujourd’hui restaurée avec éclat, révèle un groupe aux prises avec le poids émotionnel et musical de son nouveau répertoire et produit un son tout simplement colossal.

© Apple Music
#
Titre
Artiste
Genres
Durée
Date
3
5:07
1975-09-12
6
2:11
1975-09-12