Un Wagner captivant, porté par un drame incisif et des détails texturaux
Le chef d’orchestre Nikolaus Harnoncourt s’est forgé une réputation dans le répertoire baroque, avant d’élargir celui-ci vers les périodes classique et romantique. Ces enregistrements inédits, réalisés lors du festival de Styriarte en 1999, témoignent de sa première incursion dans l’univers de Richard Wagner. L’interprétation d’Harnoncourt du Prélude de Tristan et Isolde, qui se déploie lentement, bénéficie grandement de l’équilibre subtil et nuancé du jeu de l’Orchestre de chambre d’Europe. Tirant parti de la taille modeste de l’ensemble, Harnoncourt met en lumière des détails instrumentaux fascinants, souvent noyés dans des interprétations de plus grande envergure. La soprano lituanienne Violeta Urmana rayonne dans le tragique « Liebestod » d’Isolde, qui culmine naturellement en une péroraison fervente et passionnée.
Une « Bacchanale » de Tannhäuser très intense révèle une autre facette de l’Orchestre de chambre d’Europe, percutant et puissant dans cette description de Wagner chargée d’une énergie érotique débridée. Des lectures vivement inspirées de l’Ouverture La Belle Mélusine de Felix Mendelssohn et du Requiem pour Mignon de Robert Schumann viennent parfaire cet apport précieux à la discographie de Nikolaus Harnoncourt.